Foire aux questions


Quels sont les matériaux que j’utilise?

Je travaille essentiellement avec du grès de Saint-Amand et quelques faïences sauvages récoltées à la main. J’utilise ces dernières comme ingrédients dans mes décors à l’engobe ainsi que dans mes formules d’émaux.

L’avantage avec les terres récoltées, c’est qu’elles ont toutes des compositions différentes en métaux et en minéraux. Cela impacte les couleurs et la texture de la terre. Par contre forcément ça limite la reproductibilité des pièces. C’est pourquoi je travaille en petites séries et que chaque objet est forcément un peu différent de son voisin. 


Pourquoi je ne fais pas de pièces alimentaires?

La réglementation sur les pièces en céramique à usage alimentaire est très stricte en France. Il faut pouvoir attester que nos produits ne mettent pas en danger la santé des utilisateurs. Or la céramique est un matériau qui subit des transformations chimiques extrêmes, ce qui peut entrainer un changement d’état de certains métaux lourds par exemple. Ainsi, il faut que chaque combinaison terre-décor-émail puisse être testée en laboratoire. Cette analyse possède un coût élevé qui n’est pas à la portée de chaque petit artisan. C’est pourquoi j’ai fait le choix personnel de ne pas vendre de pièces alimentaires.
Dans ma démarche, j’utilise des émaux de ma fabrication avec des matériaux sourcés localement ce qui m’empêche d’en connaitre la composition exacte. De ce fait les laboratoires ne peuvent pas tester mes formules, celles-ci étant variables et imprévisibles. Je fais cependant évidemment attention à n’utiliser aucun ingrédient connu pour être toxique.

L’utilisation de mes pièces à des fins alimentaires n’est donc pas conseillée, car elles ne sont pas testées en laboratoire.


Comment utiliser de l’argile « sauvage »?

La terre récoltée est d’abord séchée, concassée, puis réhydratée dans un grand volume d’eau. Je la passe ensuite dans un tamis très fin pour ne garder que l’argile et l’eau sous forme de liquide dense. Je laisse ensuite le mélange décanter. Une fois que l’argile est tombé au fond du récipient, j’enlève l’eau qui reste en dessus et je me retrouve avec une terre à texture de boue. Si je veux l’utiliser pour des engobes, alors je peux directement peindre avec sur mes pièces avant cuisson. Si je souhaite l’utiliser pour des formules d’émaux, alors je dois à nouveau la faire sécher, puis la concasser jusqu’à l’état de poudre. Je peux ensuite réaliser des mélanges avec notamment de la cendre (de ma cheminée) et quelques autres ingrédients qui facilitent la vitrification de l’émail pendant la cuisson. 

L’avantage avec les terres récoltées, c’est qu’elles ont toutes des compositions différentes en métaux et en minéraux. Cela impacte les couleurs et la texture de la terre. Par contre forcément ça limite la reproductibilité des pièces. C’est pourquoi je travaille en petites séries et que chaque objet est forcément un peu différent de son voisin. 


Quel est mon parcours?

J’ai commencé le modelage pour la première fois à l’âge de cinq ans. C’est une technique dans laquelle je me suis toujours sentie à l’aise et j’ai poursuivi cette pratique ainsi que celle du dessin et de la peinture toute mon enfance et mon adolescence. A 18 ans, j’ai intégré une licence d’arts plastiques à Angers qui m’a ouverte à l’histoire de l’art et à la philosophie. Venant d’un bac scientifique, je n’avais globalement aucune connaissance malgré les tentatives de mes parents à m’emmener dans toutes les expos d’art possibles.

Et puis en 2015 je rentre aux Beaux-Arts du Mans et je concentre mon travail en peinture. Le hasard a voulu que je rencontre des intervenants formidables comme Olivier Chouteau et Kerstin Abraham, deux céramistes de grand talent qui m’ont accompagnée dans le développement de ma pratique de la terre. J’ai pu séjourner quelques mois à Kiel à la Muthesius Kunsthochshule, où j’ai compris que la céramique pouvait lier mes côtés scientifique et artistique. J’y ai appris l’importance de la chimie de la terre et des émaux ainsi que l’importance de la temporalité.

Enfin en 2020, j’ai commencé à enseigner la céramique à la MJC Jacques Prévert par un heureux hasard. Cette année a été très perturbée, mais cela m’a permis de faire mes expériences de chimie et de modelage dans un atelier tout équipé! Et depuis chaque année je me nourris des idées de mes élèves, de leurs projets parfois un peu fous et qui me stimulent à chaque fois.

Depuis 2022, j’ai lancé ma micro-entreprise à mon nom en tant que céramiste. Depuis je fais grandir mes savoirs-faire et mes connaissances pour vous proposer des pièces toujours un peu meilleures que les précédentes.


Engobe, émail, barbotine, je suis perdu.e!

Quelques mots de vocabulaire!

Engobe : Matière à base d’argile que l’on peut peindre sur des réalisations crues. Dans mon cas, j’utilise différentes terres, souvent sauvages, et je les dilue avec de l’eau pour donner une texture que l’on peut étaler facilement. Cela sert à décorer avant cuisson.

Émail : Matière vitrifiée qui recouvre une pièce cuite. Avant cuisson, c’est un mélange de minéraux, de métaux et surtout de silice. Il faut l’imaginer comme du verre en poudre, coloré ou non, qui fond pendant la cuisson, s’étale de manière uniforme et qui permet de recouvrir de manière étanche une pièce.

Barbotine : Terre qui a été un peu diluée à l’eau de manière à créer une matière collante. Elle permet de fixer ensemble deux morceaux de terre qui ne sont plus assez humides, ou de réparer une pièce sèche par exemple. On peut fabriquer sa propre barbotine soi-même en rajoutant un peu d’eau à de la terre. La barbotine et l’engobe sont deux matières qui peuvent être très similaires, on les différencie par leur texture. La barbotine sera collante quand l’engobe sera plus crémeux.

Faïence : Terre qui reste poreuse même après la cuisson. Il existe de nombreuses sortes de faïences et la grande différence avec le grès, c’est que lorsqu’elle atteint sa température de cuisson maximale avant de fondre, elle reste poreuse. Elle est cependant beaucoup moins onéreuse que le grès ou la porcelaine et parfois l’émail peut contrer la porosité. On cuit généralement la faïence aux alentours de 1000°C. Les matériaux de construction comme les briques ou les tuiles sont en faïence par exemple.

Grès : Terre qui vitrifie à partir de 1250°C. Lorsqu’elle atteint sa température maximale de cuisson, elle change de nature et devient étanche même sans émail. Il existe toutes sortes de grès, avec plusieurs couleurs, textures et utilisations associées. C’est une terre idéale pour la sculpture, la vaisselle, le tournage…etc.

Porcelaine : La porcelaine est une terre un peu à part puisqu’elle contient déjà de l’émail. C’est une terre très souple mais avec très peu de tenue. Elle est idéale pour le tour et l’estampage dans des moules. Elle permet cependant de réaliser des objets d’une grande finesse, très légers et parfois transparents.

Cuisson dégourdi : Première cuisson qui permet à la terre de passer un premier stade de transformation. Une fois cuite, elle ne peut redevenir de la terre molle au contact de l’eau. Cela permet d’appliquer les émaux de manière plus sécurisée, sans craindre pour la solidité de la pièce.

Tourner : Pratique du tour (électrique ou manuel) qui permet de créer des objets circulaires très réguliers et plus rapidement qu’à la main. C’est une pratique qui demande du temps d’apprentissage.

Tournasser : Seconde étape après le tournage, on retourne la pièce qui a raffermit en séchant et on enlève la terre en trop pour former un pied par exemple.

Texture cuir : Stade de séchage intermédiaire où la terre est ferme mais peut encore être agrémentée de décors ou d’ajouts de morceaux de terre. C’est aussi à ce moment-là qu’il est possible de lisser parfaitement une pièce, voire de la polir.